
Une réflexion sur le poids des jours
Chaque mois de janvier, le même terme refait surface dans l’espace médiatique : le Blue Monday, présenté comme “le jour le plus déprimant de l’année”. Un rendez-vous désormais bien installé, relayé et parfois tourné en dérision.
Si ce concept n’a aucune base scientifique, il n’apparaît pas pour autant dans un vide. Janvier concentre souvent une grande fatigue : reprise après les fêtes, manque de lumière, pression financière, contexte social et économique tendu. Sans parler nécessairement de maladie ou de diagnostic, beaucoup traversent cette période avec du stress, de l’anxiété ou simplement avec lassitude.
Dans ce numéro de janvier, IMPACT by Mlle Pitch choisit de prendre ce moment médiatique comme point de départ pour interroger plus largement la manière dont on parle aujourd’hui de santé mentale, de vulnérabilité ordinaire et de responsabilité collective, sans dramatiser, ni nier les réalités.
LA TRIBUNE DE MAGALI FAGET, FONDATRICE DE L’AGENCE MLLE PITCH
Le Blue Monday n’existe pas, mais ce qu’il révèle mérite qu’on s’y attarde
Chaque année, le Blue Monday s’invite dans nos conversations. Scientifiquement, ce jour inventé en 2005 pour une campagne marketing d’une agence de voyages britannique n’a aucun fondement.
Alors, plutôt que de le balayer d’un revers de main, observons ce qu’il met en lumière :
Les chiffres récents nous invitent à regarder la réalité en face.


Et si c’était une bonne nouvelle ?

Car 2025 a marqué un tournant : la santé mentale est devenue Grande cause nationale en France.
Bien que 70 % des Français la considèrent encore comme un sujet tabou, selon Odoxa, cette reconnaissance institutionnelle ouvre enfin un espace pour en parler librement.
Ce n’est pas tout ! Le Gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la Grande cause nationale dédiée à la santé mentale. La priorité sera de faire de la santé mentale une réalité tangible dans la vie quotidienne de chacun. (info.gouv)
Le rôle de la communication à impact
C’est là que la communication à impact trouve son sens. Non pas pour dramatiser, mais pour accompagner les transformations culturelles en cours.
Les organisations qui aborderont ces sujets avec justesse ni dans le déni, ni dans l’alarmisme créeront des liens plus profonds avec leurs publics.
Et si nous transformions, nous aussi, ce lundi symbolique en point de départ pour une conversation qui dure toute l’année ?
CHIFFRE CLÉ DE L’IMPACT
20 % des jeunes de moins de 35 ans ont déjà démissionné pour préserver leur santé mentale (Étude Ifop 2025)

Un·e actif·ve de moins de 35 ans sur cinq a déjà démissionné en raison de son état de santé mentale, soit deux fois plus que les personnes de plus de 50 ans, révèle une étude Ifop de 2025.
Ce chiffre illustre un basculement générationnel majeur : la santé mentale est désormais une priorité à défendre, quitte à quitter son emploi.
Cette donnée confirme ce que nous évoquons : nous assistons à une transformation profonde du rapport au travail et au bien-être.
Les jeunes générations ne veulent plus choisir entre performance et équilibre psychologique. Elles assument leurs limites et font de leur santé mentale un critère de choix professionnel non négociable.
Notre lecture chez Mlle Pitch :
La communication à impact doit accompagner cette transformation, non la maquiller. Il s’agit de créer de véritables espaces de parole et d’action, où la vulnérabilité n’est plus perçue comme une faiblesse mais comme une preuve d’humanité et de lucidité.
LA RUBRIQUE CONSEILS
Agir et s’informer concrètement sur la santé mentale
Parler de santé mentale implique aussi de rendre visibles les ressources existantes et les initiatives récentes, souvent encore mal connues auprès des étudiants.

Depuis le 1er juillet 2024, les étudiant·e·s peuvent bénéficier de 12 séances gratuites avec un·e psychologue grâce au dispositif Santé Psy Étudiant. Sans avance de frais, il vise à faciliter l’accès à un accompagnement psychologique face à la pression, l’isolement ou l’anxiété.
De nombreuses associations s’engagent activement pour informer, accompagner et rompre l’isolement psychique. Nightline œuvre spécifiquement auprès des étudiant·e·s en proposant des lignes d’écoute nocturnes, tenues par des bénévoles formé·e·s, dans un cadre anonyme et sans jugement.


Psycom agit sur un levier clé : l’information. À travers des ressources, des campagnes et des actions de sensibilisation, l’association œuvre à la déstigmatisation des troubles psychiques et à une meilleure compréhension de la santé mentale, pour les personnes concernées comme pour leur entourage.
Même sans engagement de long terme, s’informer, relayer ces ressources ou soutenir ces initiatives contribue à créer un environnement plus attentif aux fragilités psychiques. Rendre ces dispositifs visibles, c’est déjà participer à une approche plus collective, plus réaliste et plus humaine de la santé mentale.
LA RUBRIQUE CULTURE
Ce que la culture raconte de notre rapport au monde
Et si la culture permettait elle aussi de mieux comprendre nos états intérieurs ?




Au Jeu de Paume, l’exposition « Martin Parr – Global Warning » interroge notre rapport collectif au monde contemporain. À travers ses images saturées et parfois dérangeantes, le photographe met en lumière les excès, les contradictions et les tensions de nos sociétés modernes, offrant un regard critique sur un quotidien souvent anxiogène.
Du 30 janvier au 24 mai 2026




Dans un registre plus intime, l’exposition « Paname » de Bilal Hamdad, présentée au Petit Palais en entrée libre, explore le rapport à la ville, à l’errance et aux émotions urbaines. Ses dessins, sensibles et introspectifs, donnent à voir une autre manière de raconter le vécu psychique, entre solitude, observation et attachement aux lieux.
Du 20 janvier au 8 février 2026
Ces propositions culturelles rappellent que la santé mentale pourrait être aussi une affaire de regard, de récit et de représentation.
